Pour la troisième année consécutive, notre lycée envoie des élèves à l’étranger pour des mobilités longue durée dans le cadre Erasmus+. Cette année, dix filles sont parties en Espagne, Italie et République tchèque. J’ai été chargée d’accompagner un groupe de six filles dans la dernière destination et j’en ai profité pour observer des collègues d’anglais. J’ai donc passé deux jours au lycée “Gymnázium a Obchodní akademie” à Pelhřimov et puis deux jours au lycée privé “Táborské soukromé gymnázium” à Tábor.
Cela n’était pas ma première visite d’un lycée tchèque. Nous allons chaque année dans notre lycée partenaire à Příbor. Mais il y a toujours quelques “surprises” qui m’amusent, qui m’étonnent, qui me questionnent….
Par exemple, je me demande à chaque fois comment il est possible que la majorité des élèves tchèques à 15 ans parlent si bien anglais. Je ne dis pas qu’ils sont bilingues ni qu’ils maîtrisent parfaitement la grammaire. J’observe seulement qu’ils sont particulièrement à l’aise et qu’ils s’expriment d’une manière fluide. Non, l’anglais n’est pas la langue officielle…
Cette année, j’ai demandé à observer quelques cours au collège – les élèves tchèques de 6e et 5e étaient au même niveau que les élèves français à cet âge-là. Voici mes conclusions : alors qu’en France le nombre d’heures d’anglais diminue chaque année (3 h en 2GT, 2 h en T), les tchèques passent de 3 à 5 h. Les élèves sont divisés en groupes de 15 élèves (très souvent dans les groupes de niveau, une pratique que nous avons abandonnée il y a quelques années). En France, on utilise les manuels issus des éditeurs français suivant une méthode française (qui évolue régulièrement). Les tchèques adoptent les manuels (et méthodes) britanniques qui ont fait leurs preuves depuis longtemps. Certes, ces méthodes sont moins “drôles” pour les élèves – beaucoup de vocabulaire et de grammaire, mais ne faut-il pas maîtriser d’abord des bases pour se lancer dans des choses plus complexes ?
Ce que je préfère en France c’est la rigueur et le sérieux. Les collègues étrangers qui viennent observer notre travail remarquent souvent combien les élèves français sont respectueux et silencieux. En voyant les élèves en République tchèque qui mangent en cours, qui passent la moitié du temps à faire je ne sais pas quoi sur leurs portables, qui discutent l’heure entière avec leurs voisins, … j’ai été un peu nostalgique de mes classes.
Et, finalement, la petite touche amusante : les lycéens (ainsi que le personnel) tchèques se déchaussent en arrivant dans l’établissement. Chaque lycéen a son casier pour y laisser son manteau et il échange ses chaussures contre des pantoufles, souvent de fantaisie. Cela me fait toujours sourire de voir le personnel de direction m’accueillir dans des chaussons confortables. Il faut dire que le lycée est toujours parfaitement propre et que les agents d’entretien doivent apprécier cette pratique !
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